Pour réussir, il y a trois possibilités : être le premier, être le meilleur ou être différent.
Cette différence est notre lien.
Etre avocat à Paris, c’est faire le choix de ne pas l’être à Bobigny, à Carpentras ou à Lyon.
Le barreau de Paris ne ressemble à aucun autre, ni par les affaires qu’il traite, ni par la façon de les appréhender.
Nous en sommes fiers mais nous savons aussi que tout y est plus difficile.
Particulièrement aujourd’hui : il traverse une crise d’identité, affronte une crise économique et subit une crise de la gouvernance de la profession.
Autant avancer les yeux ouverts et dire les choses :
- notre raison d’être, c’est de défendre des hommes ; notre ardente obligation, c’est de conquérir des parts de marché ;
- il n’y a pas d’activité, du moins qui permette de vivre de façon digne et décente, pour vingt mille avocats à Paris ; et pourtant, il nous faut rester une profession ouverte ;
- ni vous, ni moi, ni un grand nom du barreau, ni l’associé ou le collaborateur d’un cabinet à l’apparence prospère, n’est à l’abri.
Il n’y a aucune situation acquise. La compétition, féroce, chaque jour, c’est le mode de vie que nous avons choisi. La peur n’a jamais aidé personne.
Voilà le constat : alors pourquoi vouloir agir ?
- parce que je ne me reconnais pas dans les mots que je trouve souvent creux, ou dans les propositions qui sont pour moi irréalistes, de ceux qui gouvernent la profession ;
- parce que j’ai envie de me battre avec vous pour que le barreau de Paris ne soit pas dilué dans une organisation qui ne défende pas ses intérêts particuliers.
C’est ce qui se profile.
Personne ne connaît les conclusions auxquelles la Commission Darrois va parvenir ; c’est pourtant face à elle qu’il faut prendre position.
Comme vous, je suis attaché à la splendeur de la marine à voile et je pense, comme l’écrivait Nietzsche, que « la vie est impossible sans fantôme esthétique ».
Mais je sais aussi que l’avocat n’a d’intérêt que lorsqu’il est efficace.
Comme vous, je sais qu’être bâtonnier est aussi dérisoire que nécessaire : il s’agit d’assurer la circulation place de l’Etoile, de placer les membres du Conseil de l’Ordre au bon endroit et de ranimer la flamme.
Comme vous, je sais que les titres n’ont aucune espèce d’importance : seuls comptent les combats que l’on gagne.
Je sais pourquoi je m’engage :
- pour que le barreau de Paris décide lui-même de son avenir.
Le CNB est en voie de décomposition et la preuve la plus éclatante vient d’en être donnée.
Quand il s’agit de dessiner l’avenir de la profession, il n’est plus là, ou réduit au rôle de pâle consultant.
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