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Interview de Maître Jean-Marc DELAS
Pourquoi être candidat au Bâtonnat ? Parce que je viens d’accomplir trois ans de mandat de membre du Conseil de l’Ordre, que je me suis vu confier des responsabilités et que je crois connaître les questions. Depuis le début de l’année, je n’ai pas entendu un candidat porter et dire ce que je pense.
Qu’est-ce qui vous distingue de vos concurrents de la course au Bâtonnat ? Comme mes amis me prêtent un sens assez aigu de la provocation, je vous réponds : rien.
Que retenez-vous de votre collaboration avec les deux précédents Bâtonniers? Du Bâtonnier BURGUBURU, de m’avoir permis d’agir en participant aux travaux de la commission qui, après l’affaire Moulin, a élaboré la réforme du régime de perquisition dans les cabinets d’avocats, ce qui a permis, c’est reconnu par tous, d’assurer une bien meilleure protection du secret professionnel. Du Bâtonnier REPIQUET, dont chacun sait que je suis très proche, de m’avoir fait confiance dans de nombreux domaines et, notamment, de m’avoir associé au combat qu’il a toujours mené contre la transposition, dans notre droit, des directives anti- blanchiment.
Quelles actions des précédents bâtonniers voudriez-vous prolonger ? Toutes et aucunes. Je ne connais pas un candidat à la fonction qui n’envisage pas de faire mieux. C’est une question de moyens et de caractère.
Il faut d’abord apporter un grand coup d’oxygène à l’institution ; les avocats ont le sentiment, et ce n’est pas faux, que ce sont des professionnels de la profession qui s’occupent de leurs problèmes.
Tout aujourd’hui va plus vite : on doit pouvoir rendre des décisions en matière déontologique, ou de fixation d’honoraires, dans des délais beaucoup plus brefs.
Quelle est votre vision de l’avocat de demain ? C’est l’avocat d’aujourd’hui qui m’intéresse. Je sais ce qu’il apporte : au-delà de sa compétence juridique, d’abord et avant tout, la distance qui permet d’avoir un regard différent et efficace.
Il apporte aussi un engagement sans failles dans la défense.
L’avocat est quelqu’un qui aime barrer par gros temps ; il est optimiste parce que, s’il y a une profession où le miracle se produit chaque jour, c’est bien la nôtre. Si l’on n’a pas cette confiance au fond de soi, ce n’est pas la peine de commencer.
Demain Bâtonnier, quelles perspectives pourriez-vous donner à un jeune avocat ? Je lui dirai que tout dépend de lui et que c’est assez rare de pouvoir creuser son sillon soi-même.
S’il choisit cette profession, c’est pour que jamais personne ne lui donne d’instructions. Ensuite, si tout se passe bien, il n’aura jamais le sentiment de se rendre au travail et de faire des choses qui l’ennuient.
On parle aujourd’hui d’une grande profession du droit. Quels points communs y a t-il entre un notaire et un avocat ? Prenons un sujet sensible, qui permet de comprendre très vite. Les notaires n’ont aucun état d’âme pour transmettre des informations à TRACFIN, les avocats ne veulent absolument pas et sont même prêts, comme le Bâtonnier CHARRIERE-BOURNAZEL, à aller en prison plutôt que de dénoncer. |
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